Reconnaissables entre toutes grâce à ce bleu si particulier, les oeuvres d’Yves Klein sont admirées pour leur intensité, à la fois profonde et lumineuse.

Le secret de cette couleur tient de la combinaison entre un pigment – l’Outrermer – et une résine – la Rhodopas. De la famille des polyacétate de vinyle, la Rhodopas a une forte capacité de rétractation en séchant ce qui permet au pigment d’Outremer de ne pas être complètement englobé par la résine d’où cette aspect mat et « duveteux ».

La problématique est la réfraction de la lumière sur cette surface mate et pourtant lumineuse; mais pas seulement!

En effet, le Bleu Klein ou IKB (pour International Klein Blue) est une couleur brevetée dont la composition a été déposée par Yves Klein lui-même. Cependant, plusieurs déclarations publiques sur la composition du bleu par ce dernier ne présente pas les même composants ou ni même la provenance exact de l’Outremer utilisé.

La prise en compte de tous ces éléments nous fait prendre conscience de la difficulté d’appliquer une restauration déontologique, à la fois dans les respect des matériaux employé et dans le rendu de la couleur qui est le sujet même de l’oeuvre.

Notre chance est que l’artiste était généreux dans l’application de sa couleur – que cela soit au pinceau ou l’aérosol – les bords et parfois les revers de ses oeuvre présentent de nombreuses coulures. Ce qui est le cas sur notre pièces ci-dessus.

Nous avons gratté la couleur au revers du panneau de bois et réactivé la résine avec de l’acétate d’éthyle. Ce solvant à la particularité de solubiliser les PVAc et de posséder une évaporation lente, limitant le blanchiment lors du séchage de la couleur.

Ce procédé permet de conserver le pigment et la résine dans leur proportion d’origine tout en retrouvant l’intensité de surface des oeuvres d’Yves Klein.